“C’est la première fois que je viens”: les banques alimentaires new-yorkaises sont confrontées à un afflux de nouveaux venus, privés de revenus par l’arrêt de la quasi-totalité des activités de la capitale économique américaine, constate l’AFP.
Sachets remplis d’oranges, de patates douces et d’oignons sur trois tables, lait stérilisé, boîtes de thon et de saumon sur trois autres: des centaines de personnes sont venues se ravitailler ce weekend à l’un des marchés gratuits proposés par une grande association caritative new-yorkaise, City Harvest, dans le quartier de Washington Heights, dans le nord de Manhattan.
Pas de longues queues qui rappelleraient les soupes populaires des années 1930: les gens arrivent au fur et à mesure, portant souvent un masque de protection, et sont maintenus à distance les uns des autres par des bénévoles.
Parmi les “clients”, Lina Aba, 40 ans, seule avec cinq enfants entre 11 et 23 ans. Elle travaillait comme femme de ménage dans un hôtel de Manhattan jusqu’à ce qu’il ferme il y a deux semaines. Ses deux aînés ont également perdu leur emploi.
“C’est ma première fois” dit-elle. “On a besoin d’aide maintenant. C’est fou, on ne sait pas ce qui va se passer dans les semaines qui viennent”.
Elle s’efforce pourtant de garder le sourire. “Au moins, je passe du temps avec mes enfants. Je suis l’enseignante, la maman, tout (...) Nous sommes vivants, en bonne santé, il faut juste prier”.
Cette mère célibataire a mis une semaine à s’inscrire au chômage. Les serveurs informatiques sont saturés, laissant prévoir de prochains chiffres du chômage bien pires que ceux annoncés jeudi par le gouvernement fédéral. Mais depuis vendredi, “c’est fait”, dit-elle, soulagée.
Les indemnités devraient commencer à arriver dans trois semaines. Elle espère aussi toucher bientôt au moins 1.200 dollars du gouvernement fédéral, grâce au plan d’aide historique approuvé la semaine dernière par le Congrès.
“Ca ne suffira pas”, mais “on sera déjà reconnaissant de ce qu’ils pourront nous donner”, confie-t-elle. “Il y a tant de gens (à aider), c’est toute la ville!”